20 janvier 2022

Des départs clés

Une nouvelle année a démarré et pour nous, elle rime avec des changements à plusieurs échelons que nous vous présentons ici à travers une réaction des sortants.

Un Etat-Major brassé

Yves-Marc André (à gauche) a remis son casque de remplaçant du commandant à Jean-Philippe Küffer

C’est probablement là que les rocades sont les plus visibles. En cours d’année, notre Quartier-Maître Jean Cuérel a pris sa retraite, laissant sa place à Nicolas Houlmann (relire l’article).
Puis, au 1er janvier 2022, Jean-Philippe Küffer a repris le casque de remplaçant du commandant des mains d’Yves-Marc André. Ce dernier ne quitte pas les pompiers, mais ses casquettes et a accepté de perdre son grade de Capitaine qui allait avec la fonction.
Responsable d’instruction Gaël Zbinden a quitté les pompiers et c’est le permanent Stéphane Martin qui reprend ce poste. Ce dernier était responsable de la section relève DPS, il laisse cette place à Marco Funcasta.
Enfin, le responsable presse/média Sébastien Pahud a aussi remis ses habits de pompiers. Eric Bouduban a pris, ad intérim, les rênes de ce groupe multimédia, mais sans fonction à l’EM. Désormais, le commandant Thierry Charrey est la voix auprès de l’EM et de la presse.

«L’implication et la volonté des gens qui s’impliquent dans la formation des sapeurs m’a marqué, ainsi que ceux qui s’intéressent à suivre des formations. Entre 2003 et 2021, la formation a fortement évolué au sein du canton. Aujourd’hui les pompiers sont formés pour les dangers actuels et je dirai même futurs. Le changement de paradigme est énorme. Par exemple, en 2003 débutait l’utilisation de ventilateurs, nombreux étaient dubitatifs. Aujourd’hui, ils sont une vraie plus-value pour le confort des intervenants en milieu chaud et confiné. La lecture des fumées et des phénomènes thermiques est aussi quelque chose de nouveau. Les dangers et les événements sont de plus en plus techniques et technologiques, nous avons besoin d’une formation poussée. Ce qui a malheureusement pour conséquences de pousser l’activité de sapeur-pompier à se professionnaliser avec le risque d’avoir de moins en moins de volontaires.»

Gaël Zbinden, instructeur fédéral, responsable de la formation, membre de l’Etat-Major. Depuis ses débuts en 2003, il a aussi été remplacement du chef APR et du chef formation, de la relève DPS, préposé APR et responsable de la relève DPS du SIS Morget.

«La satisfaction d’avoir pu aider les gens, peu importe l’intervention, est probablement ce qui m’a le plus motivé durant mes 13 années de sapeur-pompier. Je retiens également le challenge de parler aux médias tout en respectant le devoir de discrétion et le cadre légal. Parmi les faits marquants, je retiens aussi la création du SIS Morget et l’adaptation de sa structure pour répondre aux nouvelles réalités des sapeurs-pompiers. L’organisation du dernier rapport de promotions au théâtre de Beausobre, avec la passation du commandement entre Eric Henry et Thierry Charrey a aussi été un moment fort. Il y a quelques grosses interventions, tel le feu de ferme et de la déchèterie à Saint-Prex, que je retiens aussi en mémoire. Enfin, les sapeurs-pompiers ont été l’occasion, presque par hasard à la fin d’un exercice APR, de rencontrer David Goetschmann qui est aujourd’hui mon associé dans les entreprises que nous avons fondées.»

Sébastien Pahud, instructeur fédéral, responsable presse et communication, membre de l’Etat-Major. Il a également été responsable de l’école de formation du SIS Morget, formateur cantonal anti-chute et APR, officier de direction.

Départs après plus de 30 ans

Plusieurs intervenants du SIS Morget se sont engagés durant des décennies et ont fait part de leur droit à la retraite. Des longévités qui deviennent de plus en plus rares, puisque l’engagement moyen d’aujourd’hui est de moins de 10 ans.

«Les souvenirs sont nombreux et difficile de les résumer en quelques phrases. Parmi les interventions, je relève celle pour une inondation où nous étions 20 à être envoyé à Denens sans trouver le lieu exact puisque c’était à Denges que cela se passait. Toujours pour inondation, nous avons été alarmés deux fois au même endroit à quelques semaines d’écarts, une fois à cause des eaux claires, l’autre des eaux usées; les causes étaient distantes de moins de 2 mètres. Si en termes d’incendie, celui de la déchèterie de Saint-Prex était notre plus grosse intervention, je retiens aussi les policiers qui ont dégainé leur arme lorsque le pot d’échappement de notre véhicule a bruyamment rendu l’âme sur le feu du refuge de Lussy. C’était le lendemain des attentats de Paris. Et puis, ce n’est pas toujours chez les autres que cela se passe, puisqu’une fois, c’était chez moi, pour un feu de cheminée.»

Patrick Hofmann, 37 ans d’engagement où il a débuté à Villars-sous-Yens, a vécu la collaboration avec Yens, puis avec Denens, Lussy et Lully (Blacon) et enfin la fusion dans le DAP Dissy, dont on lui doit la suggestion de cet intitulé qui regroupe une lettre de chaque village concerné.

«L’un de mes souvenirs forts est, en 1988, mon intégration aux corps des pompiers de Vaux-sur-Morges avec pour tout uniforme une paire de bottes, une ceinture, une veste bleue dans un tissu proche du jean et un casque métallique identique à celui de l’armée suisse. Mais probablement l’un des moments les plus marquants a été un incendie de ferme à Clarmont, le plus gros sinistre auquel j’ai été confronté et pour lequel j’ai été mobilisé plus de 24 heures. Je garde également les nombreux beaux moments passé pendant et après les exercices avec les camarades, ainsi que dans l’amicale du SDIS Chaniaz. Enfin, je retiens aussi l’intérêt que j’ai eu à me trouver à la fois actif dans le corps du SDIS, mais aussi en tant que membre du Conseil intercommunal de par ma fonction de syndic.»

Vincent Denis, 34 ans de service sans galons. En 1995, il lui est demandé de suivre les cours de sous-officier, ce qu’il décline car fraîchement élu à la Municipalité et s’est tenu à cette décision jusqu’à la fin de son engagement municipal en 2021.

D’autres responsables sont aussi partis

Ils n’ont peut-être (juste) pas atteint les 30 ans d’engagement, mais ils partent après avoir occupé des postes à responsabilité.

«Qu’ils soient insolites, forts ou marquants, je retiens de nombreux moments. Par exemple, ma première intervention, 1,5 mois après avoir emménagé, je me retrouve avec 10 cm d’eau dans mon sous-sol. Après un appel au 118, je patiente à la caserne de Tolochenaz le temps que mes collègues arrivent pour pomper ma cave. Lors d’alarmes pour feu, nous nous sommes retrouvés une fois face à une personne qui a allumé des boites de CDs sur son balcon pour embêter ses voisins, un feu dans une baignoires remplies de livre ou à une personne délirante qui avait incendié la bible et des chaises du Temple de Morges. A la suite de l’explosion d’une fenêtre lors d’un feu d’appartement, la fumée s’est enflammée nous offrons un grand coup de chaud au propre comme au figuré. Nos casques s’en sont souvenus. Être pompier volontaire, cela nous mène aussi à intervenir chez des personnes en situation de précarité que nous n’imaginons pas. Le désarroi de certaines personnes sinistrées qui viennent de perdre des biens précieux m’a souvent marqué.»

Jérôme Kaelin, 29 ans d’engagement, responsable de la commission chauffeurs, formateur de conduite pour le permis C1, APR, échelle automobile, maison de feu et assistant phénomènes thermiques. Il a aussi été chef de site DPS pour l’OI Morges.

«Ce qui m’a marqué le plus durant mes années d’engagements, c’est de voir les collègues et copains changer. Au fur et à mesure du temps, les gens arrivent et partent. Au début, c’est toi le nouveau. Puis au bout d’un certain temps, c’est à toi de partir. Durant ce temps, les missions ont évolué, les techniques et les outils ont changé, les camions sont plus gros et plus performants. La finalité c’est que notre objectif commun, soudé dans la maxime SSTPM (Sécuriser, Sauver, Tenir, Protéger, Maîtriser), doit être atteint avec le matériel, la technique, l’événement, mais surtout l’humain qui consacre son temps, sa passion et parfois plus pour l’inconnu, le dangereux et l’imprévisible.»

David Goetschmann, instructeur fédéral et responsable APR, mais aussi formateur à l’EFO, à la relève SIS et DPS, formateur cantonal APR, officier de service, membre de l’EMD et de la commission formation.

Changements de responsable

Enfin, relevons aussi qu’à l’OI Morges, Jean-Frédéric Mamin remplace Julien Poutot en tant que responsable matériel, à l’OI Denges, Christian Wagner a cédé sa place à Lissa Giacometti pour le même poste. Thierry Mamin a repris la responsabilité de la formation des chauffeurs qu’avait Jérôme Kaelin et c’est Justin Mages qui remplace David Goetschmann pour les APR.

Un immense merci à ces personnes pour leur engagement et bien évidemment à toutes les autres qui consacrent du temps pour que les habitants puissent compter sur des volontaires formés et engagés.

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