29 décembre 2025

Départ de sapeurs engagés

Jean-Marc Mérinat, à gauche, et Alain Egger, à droite, avaient enfilé leurs habits d’autrefois pour leur dernier exercice de 2025.

Chaque année, pour des raisons professionnelles, de déménagement ou encore d’âge, certains de nos volontaires quittent les rangs du SIS Morget. Qu’ils aient passé quelques années ou quelques décennies au sein de nos casernes, leur engagement a été précieux pour la collectivité.

Fin 2025, parmi les départs, relevons ceux du Capitaine Alain Egger et du Premier-Lieutenant Jean-Marc Mérinat, après respectivement 41 et 40 ans de service. Soulignons aussi celui du Premier-Lieutenant Justin Mages après 18 ans de service, ainsi que celui du Lieutenant Louis-Henri Delarageaz, après 16 ans.

Alain Egger et Jean-Marc Mérinat

Difficile de ne pas parler d’une seule voix d’Alain Egger et de Jean-Marc Mérinat. Ce duo, tous deux employés communaux dans leur village, respectivement Buchillon et Etoy, est reconnu pour son positivisme et sa bonne humeur indéfectible. « Des gars sur qui on peut toujours compter », nous dit-on. Ils partageaient avec passion leurs connaissances aux plus jeunes, notamment dans le cadre du FB01, soit le premier cours pour les nouveaux sapeurs-pompiers volontaires. Ce sont eux qui ont mis le pied à l’étriller d’un petit jeune, Nicolas Houlmann. Devenu Commandant du SIS Morget en 2025, c’est lui qui a dû leur faire valoir leur droit à la retraite… « On est fiers de son parcours. C’est lui qui nous licencie, mais on ne lui en veut pas », sourient Alain et Jean-Marc.

Qu’est-ce que ces années d’engagement vous ont apporté?
Jean-Marc: Du plaisir et des connaissances, notamment l’importance de garder son calme pour résoudre toute situation.
Alain: Des connaissances techniques qui ont été utiles dans le travail et la vie privée. L’inverse est aussi vrai, puisque mes expériences professionnelles font que je connais très bien le secteur sur lequel j’intervenais.

Qu’est-ce qui va vous manquer et quels souvenirs allez-vous garder?
Les deux: Le plaisir de transmettre nos connaissances.
Jean-Marc: Si je devais retenir une intervention parmi toutes les autres, c’est certainement celle du feu du motel à Etoy. On ne savait pas ce qu’il y avait dans le sous-sol, ni combien de clients étaient présents. Heureusement, personne n’a été blessé.
Alain: Quand je vais entendre les premières sirènes, je pense que cela va me faire bizarre.
Jean-Marc: Rendre les affaires, ça va me faire quelque chose. Après, nous avons fait le tour et avons pu transmettre nos connaissances engrangées au fil des ans. Laissons les jeunes prendre le flambeau.

Alain Egger:
Il commence sa carrière en 1985 à Buchillon, dont il a été le Commandant du Centre de Renfort. Il était alors mécanicien sur camion. A la création du CIBEST il fut chef du Détachement d’Appui et remplaçant du Commandant.

Jean-Marc Mérinat:
Il débute sa carrière en 1986 à Yens, puis la continue à Etoy. Sa première formation: mécanicien sur auto. Il tenait les PVs et les comptes du CIBEST.

Tous deux ont participé à la création du CIBEST, puis du SIS Morget, avec toujours cette volonté d’unir et d’aller de l’avant. Ils ont aussi été membres fondateurs des JSP de l’Ouest morgien.

Ils ont également suivi un grand nombre de formations, dont: hydraulique, motopompe, BLS/AED, installations techniques des bâtiments, conduite d’intervention, modules mousse et fumée, cours REGA, préservation des preuves…


Justin Mages

Au fil de ses 18 années d’engagement au sein de la caserne de Morges, Justin Mages a suivi de nombreuses formations et acquis diverses compétences. Depuis 2022, il avait le grade de Premier-Lieutenant en qualité de chef d’intervention et de responsable des APR (porteurs d’appareil respiratoire).

Qu’est-ce que ces années d’engagement t’on apporté?
Elles m’ont fait grandir et devenir l’homme que je suis aujourd’hui. Les sapeurs-pompiers m’ont apporté un grand nombre de connaissances et de compétences, c’est une incroyable école de vie!

Qu’est-ce qui va te manquer et quels souvenirs vas-tu garder?
Ce qui va me manquer: toutes les personnes incroyables que j’ai côtoyées lors de ces nombreuses années au sein du SIS Morget. Mais aussi de faire découvrir ma passion en donnant de la formation et bien sûr le petit coup d’adrénaline que procure chaque départ en intervention.
Quels souvenirs je vais garder? Je n’oublierai jamais les nombreuses interventions où j’ai été engagé, que ce soit comme équiper, chauffeur, porteur ou chef d’intervention. Ainsi que le type d’interventions: désincarcération, feu, assistance sanitaire, inondation ou pour sauver un chat ou un perroquet.
J’aurais toujours un petit pincement au cœur en entendant les sirènes.


Louis-Henri Delarageaz

Louis-Henri Delarageaz débute sa carrière, « sur le tard », en 2010. Tout comme ses confrères, il a suivi de nombreuses formations. Les dernières années, il a assuré la fonction de responsable de chef de l’école de formation au sein du SIS Morget.

Depuis le 1er mai 2025, ce volontaire rattaché à l’organe d’intervention Senar (caserne à Aclens), a repris la fonction de chef du Service de la sécurité civile et militaire (SSCM) et chef de l’État-major cantonal de conduite (EMCC) du Canton de Vaud. Rester pompier volontaire devenait difficilement compatible, tant au niveau de la disponibilité que cette fonction professionnelle exige, qu’en raison du risque potentiel de conflit d’intérêt. Il a donc choisi de quitter ses habits de sapeurs.

« J’aurai aimé continuer encore 2 ans, soit jusqu’à mes 50 ans. Car ce service à la collectivité et l’esprit de corps et de groupe, couplé au travail sur le terrain, me plaisaient beaucoup », relève celui qui, durant 16 ans n’est jamais intervenu sur un incendie. Sur des feux (de haie, de broussailles), oui, mais pas sur un incendie. Par contre, les inondations et les alarmes automatiques, il ne les compte plus. Les inondations de juin 2024 restent en mémoire. « Je suis intervenue la première nuit à Saint-Saphorin-sur-Morges, puis après une demi-journée de travail, j’ai été rappelé en renfort à Morges et à Vaux-sur-Morges. Cela m’a rappelé les engagements militaires d’ampleur que j’ai pu vivre comme militaire professionnel », dit-il. Car Louis-Henri Delarageaz est lieutenant-colonel EMG à l’armée.

Être pompier volontaire, pour lui, il faut l’avoir vécu pour comprendre ce que c’est « d’être réveillé à 2h du matin et de se retrouver dans un véhicule d’intervention les yeux presque encore collés ». Les pompiers, pour celui qui a grandi du côté de Genève, ont été un moyen d’intégration dans notre région, même s’il en est originaire et qu’il y a passé toutes ses vacances en étant enfant.

« J’encourage chacun à devenir pompier volontaire. C’est une expérience à vivre. Bien sûr, il faut avoir envie de se rendre utile, avec la particularité d’être alarmable pour tout et n’importe quoi. J’encourage aussi à s’impliquer dans la formation. Car former est un moyen d’apprendre et se s’améliorer. Je suis aussi très content de voir qu’il y a des jeunes qui s’impliquent dans la vie du SDIS, à travers ses différentes commissions, telles celle du multimédia ou du groupe cohésion. On fait tous partie de cette grande famille de pompiers », conclut-il.

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