19 octobre 2022

Une formation venimeuse

Un cobra à monocle (nom latin: Naja Kaouthia)

En dehors d’exercer la maîtrise des engins et outils d’un sapeur-pompier, nous avons parfois des formations qui sortent de l’ordinaire. Ce fut le cas avec des séances dédiées aux ascenseurs et aux animaux, plus particulièrement aux serpents.

NAC, un acronyme qui regroupe les Nouveaux Animaux de Compagnie, les lézards et serpents en font partie. Car il nous arrive, non pas régulièrement, mais parfois, d’être appelé pour un serpent. Souvent, il s’agit d’une espèce indigène qui s’est un peu trop approchée d’une habitation.

« Votre but premier est de sécuriser le périmètre avec un maximum de sécurité. De plus, chaque intervention, quelle qu’elle soit, doit être considérée comme dangereuse avec ces animaux.

Julien Regamey, herpétologue et formateur

Souvent, une photo de l’animal est envoyée à un herpétologue qui pourra identifier l’animal et nous guider pour sa capture.

Pour attraper le serpent, le pompier peut être équipé d’un crochet, d’une pince américaine ou de gants spéciaux. Nos volontaires ont eu l’occasion, sous la supervision du professionnel, de s’entraîner à mettre en sécurité une vipère ammodyte et un cobra à monocle, tous deux venimeux, après avoir eu la possibilité de porter un python royal.

En Suisse, la détention de serpents venimeux et/ou mesurant plus de trois mètres est soumise à autorisation. « Le risque pour les pompiers peut être un serpent égaré ou un incident routier, ajoute le passionné. Il y a des personnes qui en importent illégalement et qui pourraient avoir un accident de voiture, par exemple, et c’est vous, en intervenant, qui pouvez vous retrouver face à un serpent. »

Cette soirée a aussi été l’occasion d’en apprendre davantage sur ces animaux.

Par exemple, il y a 4 types de dentitions chez les serpents:

  • Les aglyphes qui ne possèdent pas de crochets à venin (boa, python). « En Suisse, il y a 6 espèces de couleuvres avec cette dentition », a spécifié Julien Regamey, herpétologue;
  • Les opistoglyphes qui possèdent un ou plusieurs crochets à venin dans la partie postérieure du maxillaire;
  • Les solénoglyphes qui ont le système venimeux le plus sophistiqué, avec toujours un crochet de secours à l’arrière. Les vipères et crotales sont concernés;
  • Les proteroglyphes qui ont un petit crochet fixé à l’avant du maxillaire (cobra, mamba). « Attention, certains cobra peuvent aussi cracher leur venin tel un vaporisateur, sur une distance d’environ 2 mètres. Si vous n’avez aucune information, mettez vous en tenue complète, visière comprise », a précisé Julien Regamey.

Parmi les reptiles indigènes, on trouve des tortues, des lézards (lézard vert ou orvet) et des serpents. Il y a des couleuvres (à collier, vipèrine, tessellée, verte et jaune, d’Esulape – celle sur le symbole des pharmacies) et la coronelle lisse, toutes non venimeuses. Ainsi que des vipères (aspic et péliade), venimeuses. La vipère aspic est celle que l’on rencontre le plus fréquemment en Suisse. « La couleuvre à collier est une excellente comédienne, car elle se fait passer pour morte. Mais celle qui engendre probablement le plus d’interventions dans votre secteur est la couleuvre tessellée. Elle mesure jusqu’à 130 cm et ressemble beaucoup à la couleuvre vipèrine qui ne dépasse pas 30 cm », détaille Julien Regamey.

Les deux numéros à connaître:
118 = pompier
145 = toxinfo

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